mardi 20 mars 2018

Hostiles




« Hostiles » : l’envers du mythe fondateur américain

Thomas Sotinel | 14.03.2018

L’histoire des Etats-Unis s’est formée sur pellicule. L’épopée de la conquête, cruelle mais indispensable, a pris la forme du western. Par millions, les métallos et les couturières, les boulangers et les guichetières ont empli, des décennies durant, les salles de cinéma américaines pour voir les pionniers prendre possession du territoire sur ­lequel ils exerçaient désormais leur honnête profession, et l’aménager. Comment représenter ce mythe fondateur aujourd’hui ? Sur un scénario inachevé de Donald Stewart (Missing, A la poursuite d’Octobre rouge), Scott Cooper a cherché l’Histoire sous la légende. La démarche n’est pas inédite – dès le début des années 1950, ­Delmer Daves entreprenait, avec La Flèche brisée, de redire la ­conquête, en prenant en compte la souffrance des peuples bannis de leur propre territoire. Elle se distingue ici par une rigueur presque calviniste, que le ­réalisateur fait contraster avec le lyrisme sensuel des terres traversées, puisqu’il s’agit d’une odyssée qui mène ses prota­gonistes du ­Nouveau-Mexique au ­Montana.








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