dimanche 16 février 2014

Peter Greenaway - Goltzius et la Compagnie du Pélican




Goltzius et la Compagnie du Pélican (Goltzius and the Pelican Company en version originale) est un film biographique néerlando-franco-anglo-croate réalisé par Peter Greenaway et sorti en 2012. Le film raconte l'histoire du peintre néerlandais Hendrik Goltzius.



http://en.wikipedia.org/wiki/Goltzius_and_the_Pelican_Company


Peter Greenaway : « le cinéma est devenu un art bâtard dans lequel l'écrit domine »

Par François Forestier 5 février 2014

Pourquoi dans votre film panachez-vous plusieurs formes d'art ?
Peter Greenaway. - La pureté du muet n'existe plus. Le cinéma est devenu un art bâtard qui amalgame plusieurs formes mais dans lequel l'écrit domine. Comme le théâtre, il procède du texte. Pourquoi ne pas inverser le rapport, le pousser à l'extrême en intégrant toutes les disciplines artistiques imaginables - théâtre, littérature, peinture, musique, danse, architecture, gravure, typographie, graphisme, calligraphie, et même l'animation ou la télévision ? Peintre et graveur d' oeuvres érotiques, Goltzius, le héros, est un sujet idéal pour se livrer à ces jeux : il les légitimise. Il agit comme un producteur et un réalisateur aujourd'hui : il cherche de l'argent et des acteurs pour mettre en scène un spectacle. J'ai parfois l'impression que les premiers cinéastes ont été les peintres qui travaillaient à la lumière artificielle, le Caravage, Vélasquez, Rubens, Rembrandt… Le cinéma, qu'est-ce d'autre, sinon la manipulation des apparences grâce à la lumière artificielle ?
Les technologies nouvelles favorisent-elles cette révolution ?
L'esthétique est à la remorque de la technologie. L'invention de la peinture à l'huile sur châssis a changé l'histoire de la peinture. L'invention de la photographie a intensifié notre voyeurisme, nous permettant de devenir des voyeurs solitaires. L'invention du cinéma, du Web, du cyberespace ou de Second Life nous a rapprochés de la réalité. Le cinéma de nos pères a commencé à mourir le 31 septembre 1983 avec la télécommande. Le public a eu, dès lors, l'opportunité de ne plus être passif. Il veut à présent participer au spectacle. La nouvelle sainte Trinité n'est plus Dieu, le Fils et l'Esprit-Saint mais le téléphone portable, l'ordinateur et la caméra vidéo. Gutenberg a rempli sa mission : tout le monde sait lire. Faute de quoi, on est rejeté dans les ténèbres. Qui regarde encore le cinéma muet ? Personne, ou presque. Balayé. Le cinéma parlant s'en ira de la même façon. Nos petits-enfants nous demanderont : « Le cinéma ? C'était quoi ? »







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