vendredi 21 février 2014

Only Lovers Left Alive




Only Lovers Left Alive: Vampires à la recherche du temps perdu


«S’il fallait réciter la litanie des atrocités zombies de l’histoire, on serait encore là au lever du soleil », lance Eve à Adam. Étendue dans un fauteuil profond et décrépit, la goule enlace sa « suicidaire et romantique fripouille ». Le dernier film de Jim Jarmusch, Only Lovers Left Alive, est un conte métaphysique dont les protagonistes, un couple de vampires marginal et bohème, ont traversé les siècles et se heurtent à la violence des modernes. Si leur romance a résisté au tumulte, les génies qui, hier, peuplaient leurs discussions n’ont eux pas survécu. Ils ornent désormais les murs de leurs intérieurs baroques et sophistiqués. Ces grands absents côtoient d’autres vestiges : livres en cascade, vinyles de légende et instruments s’enchevêtrent au milieu de meubles patinés. Enfermés ou dehors, les époux érudits errent la nuit, indolents et superbes, dans les villes magnétiques de Detroit et Tanger où ils ont élu domicile. Pour Adam, musicien virtuose et secret, la promesse d’éternité est un bagage encombrant. Il soulage sa pulsion de mort sur les cordes de quelques antiquités : une Gibson centenaire, une Gretsch onduleuse, une Supro rutilante de 1959…















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