samedi 18 janvier 2014

Félix Vallotton, inventeur de la bande dessinée




Il y a quelques mois, lors du lancement, je vous avais parlé de l’exposition Félix Vallotton : Le feu sous la glace (http://l-eusses-tu-cru.blogspot.fr/2013/10/felix-vallotton.html).


Cette semaine j’ai finalement réussi à visiter cette exposition, peu avant sa fermeture, le 20 janvier, c’est à dire lundi prochain (http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/felix-vallotton-le-feu-sous-la-glace). Félix Vallotton, m’était connu depuis une quarantaine d’années, c’est mon ami Sorin (http://sorin-anghel.blogspot.fr/) qui m’en avait parlé la première fois. Depuis, impressionné par la qualité de ses dessins de presse et des fameux bois, qui ont fait sa notoriété, j’ai essayé d’en savoir plus.

Vallotton dessinateur de presse et graveur
Jean-Paul Morel
sur Chapitre


Cette exposition au Grand Palais est le complément irremplaçable pour connaitre Félix Vallotton (http://fr.wikipedia.org/wiki/Félix_Vallotton), peintre au croisement des grands courants de la Peinture, à la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième, mais aussi photographe, journaliste et illustrateur de presse.




Autoportrait à l'âge de vingt ans, 1885

Le Bain au soir d'été, 1892-1893

L'Assassinat, 1893

Femme nue assise dans un fauteuil rouge, 1897

Le Mensonge (Intimités I), 1897

La Plage d'Etretat, 1899

L'Enlèvement d'Europe, 1908

La Loge de théâtre, le monsieur et la dame, 1909

Autoportrait à la robe de chambre, 1914

Poivrons rouges, 1915

Verdun, 1917






Ces images sont prises sur la page de


une sélection de visuels de l'exposition Félix Vallotton : Le feu sous la glace
page que je vous conseille vivement de visiter ici :
http://www.spectacles-selection.com/archives/expositions/fiche_expo_V/vallotton/vallotton-V.htm




Visitant l’exposition j’ai été interpellé par une des pièces, qui, vue de l’autre côté de la salle me faisait penser à une bande dessinée. La chose n'est pas vraiment une nouveauté, à la belle époque de la presse satirique, du Rire, de L’Assiette au Beurre, ou de La Baïonette, l’illustration et la bande dessinée faisaient bon ménage.




En m’approchant du cadre, ma surprise fut encore plus grande à la découverte de cette pièce et encore plus, de sa légende, Intimités, Epreuve justificative de la destruction des bois composée de dix fragments.


Intimités
Epreuve justificative de la destruction des bois composée de dix fragments


À la recherche d’une image de meilleure qualité que celle photographiée à la sauvette, j’ai découvert le blog, la Veilleuse Graphique (http://www.la-veilleuse-graphique.fr/). Dans son article Les magnifiques gravures sur bois de Felix Vallotton, peintre et illustrateur,  une jeune graphiste, après avoir remarqué l’étonnante ressemblance du tableau La Loge de théâtre (voir plus haut), qui a servi à l’affiche de l’exposition et la peinture d’Édouard Hopper, exposé quelques mois plus tôt au Grand Palais, se sert de l’épreuve pour illustrer une partie de son propos.


On remarque les visages très stylisés avec des cernés très expressifs. Une conférence a d’ailleurs été tenue sur le sujet au Grand Palais animée par Marjane Satrapi. Cette dernière s’est inspirée, comme Tardi et beaucoup d’autres auteurs BD, de l’œuvre de Felix Vallotton comme l’atteste le descriptif de la conférence :

Suivent deux extraits,

« Emploi strict du noir et blanc, trait cinglant, humour grinçant : la modernité des gravures et des dessins de presse de Vallotton est une référence pour de nombreux créateurs d’images contemporains notamment pour l’auteure de la bande-dessinée Persepolis Marjane Satrapi. » [Site du Grand Palais http://www.grandpalais.fr/fr/article/vallotton-illustrateur]

« Oui, avec la ligne claire et le trait qui délimite la forme. Cette expressivité avec un minimum de moyen et une surface plate. Avec Tardi, le rapprochement est d’autant plus exact qu’ils sont des sujets et des préoccupations en commun. Dans les illustrations de Tardi sur Céline ou dans ses bandes dessinées sur la guerre, on voit bien une sensibilité commune et peut-être même un engagement politique qui les réunit au-delà même du style. » [propos d'Isabelle Cahn extrait de l'article de Rue 89 http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2013/10/19/les-chambres-mysterieuses-felix-vallotton-246741]





Personnellement, au lieu de voir l’inspiration des dessinateurs contemporains du travail de Félix Vallotton, je vois une longue lignée de l’histoire de l’illustration et de la bande dessinée, passant par Emmanuel Poiré (Caran d'Ache), Benjamin Rabier, Henri Gustave Jossot, Gustave Henri Émile Blanchot (Gus Bofa), Francisque PoulbotJoseph Pinchon, Louis Forton, Hergé et une très longue liste jamais interrompue.

Devant l’épreuve justificative, je me suis posé une question, la bande dessinée résulterait-elle d’un acte de destruction ?












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