jeudi 18 octobre 2012

Informatique et bande dessinée 1

Un bon ami et aussi un excellent dessinateur BD m’a demandé récemment conseil :
« Voilà, désolé de te déranger pour ce genre de question d'amateur mais tu sais, je suis vraiment ignorant en informatique ! »
Ce n’est pas la première fois que j’entends une question semblable. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de mettre le pied à l’étrier à des amis illustrateurs. Tout au début des années 90, j’ai eu la chance d’avoir un collègue Anglais qui m’a aidé à pénétrer ce monde épatant de l’informatique qui rime souvent avec langue de Shakespeare. L’avenir obligera les dessinateurs (et pas qu’eux) de connaitre l’outil informatique autant qu’ils manient le crayon. Voici le pourquoi de ce nouveau sujet sur « L’Eusses-tu cru ? »


Aujourd’hui notre sujet est un problème concret qui se pose souvent en premier au dessinateur traditionnel, la numérisation* d’une planche fraichement encrée dans le cadre d’un processus d’édition papier BD de type franco-belge.
Par tradition et à la différence de leurs collègues américains, les éditeurs français, demandent aux dessinateurs et coloristes deux fichiers informatiques du même format géométrique de publication**, mais différents pour la résolution. En effet le fichier pour la planche encrée est un fichier au trait, appelé « mode bitmap »*** sous Photoshop****, de 1200 dpi***** et le fichier couleur est un fichier « CMJN » de 300 dpi.

Si votre scanner ne vous permet pas de numériser directement en format trait (bitmap, appelé aussi Noir & Blanc chez Epson) vous pouvez le faire en « niveaux de gris », en 8-bits Gris (suffisant, si votre appareil vous offre aussi 16-bits Gris). Par contre, étant donnée la quantité d’information d’un fichier niveaux de gris face au fichier mode bitmap, une résolution de 400 dpi est suffisante pour le format de publication. Si vous travaillez dans un format supérieur, à 140 % du format de publication, une résolution de 300 dpi pour le format de l’original est suffisante. Si vous avez la possibilité sur votre scanner, choisissez un format d’image TIF(F) compressé en LZW, ça allège la taille en Ko/Mo du fichier. Si le fichier est trop lourd (5 à 10 Mo) pour pour être expédié en e-mail, il est possible d’enregistrer en format JPG avec la moindre compression. En effet la compression JPG est de type destructive, ce qui fait que c’est un format peu recommandé pour l’impression papier. Si vous avez la possibilité de numériser directement en bitmap (à 1200 dpi), enregistrez en TIFF avec une compression CCIT Group4.

Si vous travaillez directement avec un coloriste et si vous avez suivi, votre peine s’arrête ici. Demandez-lui aussi conseil !

Je reviendrai rapidement avec le traitement niveaux de gris 400 dpi en bitmap 1200 dpi sous Photoshop et pourquoi je préfère numériser en niveaux de gris. En effet quelques astuces méritent d’être connues.



Détail agrandi de deux images, 400 dpi niveaux de gris et 1200 dpi mode bitmap, avec la même taille géométrique


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* http://fr.wikipedia.org/wiki/Numérisation
** format normalement fourni par les services de fabrication de l’éditeur, connu aussi sous le nom de « page utile » est le format de la bande dessinée sans les marges souvent blanches du papier. Le dessin d’une planche qui « sort » de la page et tout d’abord du cadre sus-mentionné, ainsi que la taille minimale qu’il doit avoir pour dépasser jusqu’à la coupe fera l’objet d’un prochain article.
*** « mode » est dans Photoshop le premier sous-menu du « menu image » et « bitmap » est le premier sous-sous-menu, suivi par « niveaux de gris » et omettant les autres modes qui ne nous intéressent pas dans un premier temps, par le « RVB » et le « CMJN ».



Sous-menu Mode et ses sous-sous-menus


L’intitulé « mode bitmap » est assez mal choisi, il prête à confusion, car tous les modes de Photoshop sont bitmap, ce qui différencie un programme comme Photoshop, Painter, GIMP et bien d’autres des logiciels « vectoriels », comme Illustrator, CorelDraw, Inkscape et quelques autres. (…et si vous voulez avoir vraiment mal au crâne, sachez que maintenant Photoshop traite le vectoriel et Illustrator traite partiellement le bitmap…)
**** Photoshop est le programme le plus connu, mais il est cher. Il peut être remplacé dans certains cas par GIMP, logiciel gratuit, mais GIMP ne gère pas directement le CMJN. Un autre programme connu et moins cher que Photoshop est Painter, il traite le CMJN et il est particulièrement intéressant pour les illustrateurs.
***** DPI dots per inch est la même chose que PPP, en français, points par pouce. Par contre, attention, dots ou points par centimètre ça change tout, nous en reparlerons.


En dehors des articles du même thème qui suivront, cet article et les suivants pourront être améliorés à l’avenir. N’hésitez pas à les relire.


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