mercredi 13 décembre 2017

Après la jeunesse de Rahan, de Blueberry, Spirou…




Le Jeune Karl Marx

Samuel Douhaire | le 26/09/2017

Les grands portraits affichés sur la place Rouge de Moscou ou dans les congrès des partis communistes du monde entier ont figé Karl Marx en vieux sage. Une icône à grande barbe blanche, au visage grave, voire compassé… Le grand mérite du nouveau film de Raoul Peck est de rappeler que l’auteur du Capital fut, d’abord, un jeune homme rieur, amoureux, à l’énergie débordante. Un penseur au génie précoce, aux idées nourries par l’expérience concrète, tourné vers l’action, et mu par la colère — contre l’ordre social profondément inégalitaire de son temps mais, aussi, contre ses amis progressistes, trop timorés à ses yeux.




Ennemi du biopic classique, Raoul Peck s’est concentré sur une brève période de la vie de Marx : ces cinq années — de sa première arrestation en 1843 à la publication du Manifeste du parti communiste en 1848 — pendant lesquelles le journaliste allemand va élaborer les concepts de matérialisme historique et de lutte des classes. Et jeter les bases d’un mouvement ouvrier unifié à l’échelle internationale. Le cinéaste haïtien parvient à incarner cette pensée en formation dans les joutes oratoires, parfois violentes, qui opposent le jeune Marx aux hégéliens de gauche et à Proudhon. Inutile d’être agrégé de philo pour y prendre du plaisir : les dialogues sont des modèles de pédagogie vivante.





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