jeudi 27 septembre 2012

Poïvet, le Maître des Rêves




En ce mois de septembre l’actualité nous rappelle le grand Monsieur de la Bande dessinée, Raymond Poïvet. Tout d’abord, sur le site « neuvième art 2.0 », la revue en ligne de la Cité internationale de le bande dessinée et de l’image, à l’occasion de la nouvelle exposition Raymond Poïvet, le pionnier de la bande dessinée :



1. L’exposition Raymond Poïvet, le pionnier de la bande dessinée = http://www.citebd.org/spip.php?article4142
du 28 septembre au 16 décembre 2012, à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, site Castro, 121 rue de Bordeaux - Angoulême

Riche de plus de 50 planches originales, illustrations et esquisses, l’exposition Raymond Poïvet, le pionnier de la bande dessinée permet de plonger dans l’univers graphique classique et foisonnant d’un des grands maîtres de la bande dessinée française de l’après-guerre, qu’on connaît surtout pour la série de science-fiction Les Pionniers de l’Espérance.
L’exposition permet également de saisir à quel point le dessin aura été pour Poïvet le lieu permanent d’une expérimentation et d’une recherche personnelles. De ce point de vue, bien avant Druillet, bien avant Mœbius et leurs pairs, Poïvet aura été le pionnier d’une bande dessinée d’auteur.

documentaire réalisé par Marc Rouchairoles, grand spécialiste de la vie et de l’œuvre de Raymond Poïvet.


L’exceptionnel dossier Raymond Poïvet = http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?rubrique76

Pour accompagner le lancement de cette exposition, neuvièmeart 2.0, la revue électronique de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, met en ligne un copieux dossier sur Raymond Poïvet, abordant les jalons les plus importants de son œuvre et analysant quelques-unes de de ses créations les plus marquantes.
• Les Pionniers de l’Espérance : repères thématiques et esthétiques par Jean-Pierre Andrevon, 1977

• Poïvet à « Vaillant », par Richard Medioni, septembre 2012
• À la recherche d’un chef-d’œuvre de Raymond Poïvet par Philippe Lefèvre-Vakana, hiver 2003, rev. 2011
• « M.I.X. 315 » retrouvé, pour (re)découvrir les douze planches du chef-d’œuvre dessiné en 1965 par Poïvet
• Dix fois Poïvet, janvier 1990, neuf dessinateurs (Bilal, Druillet, Forest, Frisano, Gigi, Gillon, Mandryka, Mézières, Moebius) et un graphiste (Robial) évoquent Poïvet et commentent une image
• Commentaire de planche : Le Jardin fantastique, par Harry Morgan, septembre 2012
• Pour en savoir plus, septembre 2012, une bibliographie indicative pour en savoir plus sur Raymond Poïvet


2. Le prochain titre de la Collection Jean-Michel Charlier, « Guy Lebleu : Allô ! DMA »
épisode 1, de Jean-Michel Charlier et Raymond Poïvet paraîtra en septembre prochain, pouvons nous le lire sur le site Sangam = http://sangam-societe.blogspot.fr/
http://sangam-societe.blogspot.fr/2012/06/guy-lebleu-collection-jean-michel.html



La saga des Pionniers de l’Espérance, chef d’œuvre de la bande dessinée, n’a toujours pas été publiée complètement en albums. Oublions les quelques albums des Éditions Vaillant, des Éditions du Fromage, ou autres Glénat, une première série de cinq volumes est sortie aux Éditions Futuropolis, couvrant la période 1945-1960.












Les Éditions Soleil ont pris la suite de la numérotation Futuropolis, en oubliant Les Compagnons de Nibor, Vaillant 803-851 et Les forbans de l’espace, Vaillant 879-933 (1960-1963), en réalité sous des couvertures aux illustrations trompeuses, se cachent les 16 premiers récits complets de 12 pages de Vaillant le journal de Pif.






Les Éditions de Taupinambour continueront dans une nouvelle intégrale, déjà épuisée, la suite en cinq « livres » des récits complets de 12 pages, sauf le tout dernier épisode avant les récits de 20 pages de Pif Gadget, au nom bien explicite : Il n’est jamais trop tard ! Sous une appellation maison, Livre #1, les Éditions de Taupinambour éditent enfin en couleurs Les Compagnons de Nibor.















Le 18 octobre 2007 Faust de Raymond Poïvet et Rodolphe est publié chez Seuil. Le 25 octobre, sous le charme de la lecture, sur le forum PIMPF, j’écris « Le Maître des Rêves » :

L’avant-mot de Rodolphe commence par 20 ans après…
Je ne vous ferai pas le résumé de son texte, car il mérite que vous le découvriez vous-mêmes.
Je regarde vingt ans en arrière, Poïvet est un vieux monsieur, mais son dessin a une force encore plus grande que dans sa jeunesse.
Ce dessinateur qui est un des Maîtres incontestables de la Bande dessinée, qui nous a fait rêver avec ses Pionniers de l’Espérance, Mam’zelle Minouche, Marc Trent, Guy Lebleu, Thiriel, à un âge avancé, au lieu de s’endormir sur les lauriers de sa belle carrière, il est arrivé à nous surprendre avec des œuvres nouvelles, citons seulement L’Échiquier Cubique, Opus 4 et La Flûte enchantée.
Avec ces œuvres plus personnelles, Poïvet nous a amené avec lui dans ses rêves. Par la magie de son dessin, en apparence plus sommaire, il nous oblige, tel un autre joueur de flûte, le Joueur de flûte de Hamelin, à le suivre ensorcelés.
Raymond Poïvet, de ce qu’on appelle un auteur talentueux, était devenu un Maître des Rêves, un de ceux qui ont fait passer la Bande dessinée de l’âge d’art ludique et commercial à celui d’Art.

J’espère que ces images vont vous donner l’envie de connaître, ce que je pense être, le Livre de l’année.










En juin de cette année, dans « Quand je serai grand, je ferai Pif ! », je me rappelle avec beaucoup de tendresse du premier épisode des Pionniers dans le deuxième numéro de Pif Gadget.

Une semaine après, un nouveau numéro parut, aussi copieux et festif que le premier. Une grande aventure de 20 pages des Pionniers de l’Espérance, c’était bien mieux que les 12 pages que nous avions avant. Le trait du dessin de Raymond Poïvet était toujours très élégant. Le scénario de Roger Lécureux était astucieux et étonnant, Maud et Tangha, faits prisonniers par le cruel extraterrestre Ghari, doivent subir sa terrible épreuve, des « ténèbres blanches », ils sont plongés dans le néant ! Maud, aussi belle, porte une coiffure de circonstance pour sa première apparition dans Pif Gadget, mais le grand vent se lève et ses longs cheveux blonds retrouvent leur liberté.







Des informations de dernière minute, nous sont parvenus de notre correspondant, qui déguisé en petite souris s’est introduit sur place :
42 planches ou illustrations originales, pour les Pionniers de l’Espérance, 16 planches BD et 2 recherches de couvertures et des planches BD et illustrations de Guy Lebleu, L'Échiquier Cubique, Opus 4, Tiriel, Judith et Holopherme, Leda.
21 revues ou livres, dont 8 revues Vaillant ou Pif pour les Pionniers de l’Espérance, QUELQUES Vaillant pour ses autres bandes dessinées et enfin des exemplaires de l’Intrépide (pour Tumak), OK et Coq Hardi.
La vidéo est présentée sur grand écran.


~ooo~



Enfin, BD Zoom titre :
La bande dessinée a enfin droit d’entrée chez Citadelles & Mazenod, la célèbre maison d’édition qui se consacre à l’art, avec un grand A !
http://bdzoom.com/53589/actualites/la-bande-dessinee-a-enfin-droit-d’entree-chez-citadelles-mazenod-la-celebre-maison-d’edition-qui-se-consacre-a-l’art-avec-un-grand-a/

Je viens de feuilleter le pesant ouvrage aujourd’hui en librairie et je n’ai pas trouvé d’illustration de Raymond Poïvet et il ne se trouve pas à l’index. C’est triste.


4 commentaires:

  1. Rhaa lalaaa... Ce que je regrette de ne pouvoir me rendre à Angoulême pour voir cette expo !!! ARGHHHH ! Merci et bravo pour cette "revue" chronologique ! Et on ne remerciera jamais assez Robial et Cestac (et aussi Dionnet) pour avoir permis avec Futuropolis qu'on puisse avoir du Poïvet en albums, et dans des éditions qui ne ruinent pas son trait (ce qui a toujours été un problème). C'est vrai que la moins bonne période des Pionniers fut sans doute celle des récits en 12 planches, d'autant que la première était plutôt décorative, le plus souvent (car en couleurs). J'ai découvert ça dans PIF en 1972, mais c'était déjà la fin, et bien que j'adorais l'élégance du style et aussi les récits eux-mêmes, la technique au feutre sec donnait un résultat souvent déroutant une fois publié... Vers la fin, on avait l'impression (justifiée rétrospectivement) que Poïvet ne s'impliquait plus du tout dans cette série, qui semblait devenue plus un gagne-pain. Quand on découvre la splendeur des planches de "Triel", quelques années plus tard, le contraste est saisissant ! Je suis chaud bouillant pour découvrir Guy Lebleu dans cette nouvelle édition, en espérant que le boulot graphique de reprise des planches a été bien fait. Une série à redécouvrir ! Ciao ! ;-)

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    1. Oui, j’aurais aimé être ce soir au vernissage. Par contre, je ne te suis pas sur le « résultat déroutant ». Jusqu’à la fin Poïvet a été pour moi le meilleur dessinateur « réaliste » de Vaillant. Ça a été une grossière erreur de la direction du journal de s’en débarrasser, une de plus. D’ailleurs je n’ai pas fini de parler de Raymond Poïvet sur « L’eusses-tu cru ». Dans le dossier « Dix fois Poïvet », il est considéré à juste raison un Artist’s artist.

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    2. O mare surpriza articolul tau, de departe cel mai bun din portofoliul tau!... Marturisesc ca sunt galben de invidie: este exact genul de informare pe care cred ca oricine o asteapta de la la un jurnal care vorbeste despre banda desenata...
      In alta ordine de idei, ce spunea un cititor de'al tau despre Tiriel,pe care el a botezat'o "Triel", e o tampenie: respectiva serie, pe un scenariu prost ca oricare alt scenariu scris de Dionnet, aparuta in revista "Lucky Luke" este o banda cu o grafica modesta. Acelasi lucru se poate spune si despre DMA in care ai impresia ca Poivet isi ia cititorii la misto. Daca esti obiectiv, nu ti'ai pune prea multe semne de intrebare nici vis a vis de hotararea redactiei Pif de a se desparti de Poivet: in ultimile sale episoade cu Pionierii grafica sa devine ilizibila...
      Bineinteles, totul e discutabil si asta face arta atat de frumoasa!...

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    3. Objectif ? Je ne prétends pas l’être, en tout cas pas autant que ceux qui l’ont complètement oublié. Comme je viens de l’écrire aujourd’hui en supplément de dernière minute, j’ai eu l’occasion de feuilleter l’ouvrage de la Mazenod, regarde juste au dessus, apparemment Poïvet est inconnu. Pendant que je découvrais cet album et les auteurs qui y figuraient, je m’imaginais les commentaires que tu aurai pu faire !
      Pour les derniers épisodes des Pionniers, qui font partie de mes préférés, nous ne pouvons pas tous aimer la même chose, encore heureux. Allo DMA est une époque et Poïvet répondait en professionnel à une demande. L’album de la « Collection Charlier » devait sortir le 20 du mois, il est en retard. Tout comme Terminator… je reviendrai (sur le sujet) !

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