« Métal hurlant » : retour sur une saga dantesque
Romain Brethes | 19/08/2020
La revue manifeste, qui s'apprête à renaître de ses cendres, a bouleversé la BD et a inspiré de nombreux cinéastes, de George Lucas à Ridley Scott. Ses tout premiers abonnés s'appelaient Alain Resnais, Chris Marker ou Federico Fellini. Ses fondateurs ? Jean-Pierre Dionnet, Moebius et Philippe Druillet, avant qu'ils ne soient rejoints par un certain Philippe Manœuvre, tout juste échappé de Rock & Folk. Sans elle, les œuvres de George Lucas, Denis Villeneuve, Ridley Scott ou George Miller n'auraient pas eu le même caractère halluciné et visionnaire. La seule mention de Métal hurlant suffit aujourd'hui à susciter un déluge d'illuminations graphiques chez les réalisateurs, illustrateurs, peintres ou dessinateurs du monde entier. C'est en décembre 1974 que la légendaire revue naît autour d'un érudit cinéphile (Dionnet) et de deux génies du dessin, faux frères et vrais rivaux, échappés d'un magazine Pilote en pleine implosion (Druillet et Moebius). Son directeur, le bienveillant René Goscinny, créateur d'Astérix et inlassable découvreur de nouveaux talents, a fait les frais d'une révolte qui le dépeignait en tyran autoritaire (« une injustice », confessera plus tard Druillet), et certains jeunes dessinateurs qu'il a contribué à lancer décident de faire sécession. Claire Bretécher, Gotlib et Mandryka s'en vont fonder L'Écho des savanes, Druillet et Moebius lancent Métal hurlant – titre génial que Mandryka leur a légué –, dont ils feront une revue manifeste, qui sera « cyber et robotique avant l'heure » (Dionnet) ou ne sera pas.
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| Une nouelle formule de Méral Hurlant est prévue en 2021 © Metal hurlant |


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