mercredi 21 décembre 2016

Shambleau




Catherine L. Moore – Les Aventures de Northwest Smith / Jirel De Joiry

Martin-Pierre Baudry - 1 Août 2011

Catherine Lucille Moore (1911 – 1987) fut l’une des premières femmes de la science-fiction. Comme sa consoeur, la formidable Leigh Brackett, elle avait été élevée à base d’un régime de mythologie grecque, de Magicien d’Oz et d’Edgar Rice Burroughs, qui ne lui laissait aucune chance de s’en sortir. De santé délicate, elle se mit à écrire dès l’adolescence et vendit (100 dollars) sa première nouvelle à l’âge de 22 ans. « Shambleau est une grande chose », écrivit Howard P. Lovecraft conquis, peu après la parution du texte dans la revue Weird Tales en novembre 1933. « Le récit commence d’une façon tout à fait admirable. Sur la note de terreur qui convient exactement, avec des ténébreuses allusions évocatrices de l’inconnu. La nature subtilement sinistre de l’entité, suggérée par l’inexplicable horreur qu’elle suscite chez les gens, produit un effet d’une extrême puissance – et la description de la chose elle-même, quand le masque tombe, ne déçoit pas ». Seul le cadre interplanétaire de l’aventure déplaisait au reclus de Providence qui n’a jamais vraiment goutté les extravagances de la science fantasy.


Science-fiction européenne

Manuel Hirtz et Harry Morgan | Août 2015

La même année 1967, Valérian agent spatio-temporel, de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, donne une version de la patrouille du temps de l’Américain Poul Anderson, au départ semi-humoristique, puis plus réaliste, mais qui conserve un élément de satire féministe, l’ahurissement chronique de Valérian conduisant Laureline à prendre l’initiative. Dans une veine toute différente, Philippe Druillet, nourri thématiquement par H. P. Lovecraft et par Catherine L. Moore (Lone Sloane, créé en 1968, est un décalque du Northwest Smith créé par cette dernière), produit une œuvre valant par la folie du graphisme.




Catherine L. Moore's Shambleau illustrated by Jean-Claude Forest
http://www.coolfrenchcomics.com/shambleau.htm




Entretiens avec Philippe Druillet (1re partie)

Jean Depelley | 17 01 2012

BDZoom : Et d’un point de vue littéraire ?
Druillet : C’est très simple : les Grands Anciens ! Mais avant Lovecraft, il y a un monsieur qui s’appelle Stephan Wul. C’est les années cinquante, je suis gamin et il écrit ses romans au Fleuve Noir : « L’Orphelin de Perdide » [qui donnera le scénario du dessin animé « Les Maîtres du temps » de René Laloux et Moebius en 1982], « Le Temple du passé »… « Le Temple du Passé », c’est une révolution, c’est extraordinaire. Ça a été très important pour moi. Ensuite, il y a eu Lovecraft, puis la grande littérature américaine, les Moorcock, Bradbury et compagnie… On est aux années soixante avec Philip K. Dick, John Brunner, Thomas Dish, Catherine L. Moore, Fritz Leiber…




Catherine Lucille Moore


Catherine Lucille Moore est née le 24 janvier 1911 à Indianapolis, dans l'État de l'Indiana. Enfant, elle souffrait d'une maladie chronique et passa beaucoup de temps à lire de la littérature fantastique. Elle quitta l'Université pendant la grande dépression pour travailler comme secrétaire à la Fletcher Trust Company d'Indianapolis. Ses premiers récits sont publiés dans des pulp magazines dans les années 1930, dont deux séries importantes dans Weird Tales. La première des séries qui ont forgé sa réputation fut incarnée par l'aventurier et contrebandier Northwest Smith qui sillonne le système solaire, la seconde est une petite série de fantasy qui met en scène Jirel de Joiry (en) (l'une des premières héroïnes féminines de récits de fantasy). La plus célèbre aventure de Northwest Smith s'intitule Shambleau, la première histoire que Catherine L. Moore vendit à une revue professionnelle. Shambleau fut publié dans le numéro de 1933 et lui rapporta cent dollars. La plus célèbre aventure de Jirel de Joiry est Black God’s Kiss qui fit la couverture (peinte par Margaret Brundage) du numéro d'octobre 1934 de Weird Tales. Ses premiers récits étaient remarquables pour leur approche de la sensualité et des émotions, une approche très rare à cette époque.






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire