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« Horace, cheval de l’Ouest » : le western en absurdie, selon Jean-Claude Poirier…
21/04/2020 | Philippe Tomblaine
Ayant montré pour la première fois ses naseaux dans Pif-Gadget n° 71 le 29 juin 1970, l’atypique « Horace, cheval de l’Ouest » demeure dans les mémoires comme l’une des plus savoureuses parodies du western. Sous les crayons de Jean-Claude Poirier, les improbables aventures d’un cow-boy (anonyme mais surnommé Gros-Nez-Pâle) et de sa monture allaient atteindre des sommets dans l’absurde.
Comme Supermatou, Horace a fait les beaux-jours de Pif Gadget dans les années 70. Hormis un album publié aux éditions du Kangourou en 1975 et une intégrale pirate, la série n'avait jamais eu l'honneur d'une édition chronologique. On apprend dans la préface que Poirier avait déjà créé en 1963 un cheval commentant les actions de son humain, le cow-boy Joë Bridgers, pour l'éphémère magazine Pschitt Junior. Autre incursion dans le western avec Jacques Lob au scénario pour les aventures de Cactus-Papa, un ex-shérif ami d'un indien qui vivent dans le désert, pour le magazine Record. C'est en Juin 1970 que Horace débarque sous forme de gags dans les pages de Pif Gadget. Moins d'un an après, il passe en récits complets avant d'avoir sa première couverture dès février 1972, présentant le mythique gadget de la semaine : un "pop-colt".
Supermatou est une des séries iconiques de Pif Gadget, publiée de 1975 à 1993 dans le journal et ce même si son auteur, Jean-Claude Poirier, est mort prématurément, à 37 ans, en 1980. Les éditions Vaillant ont ensuite régulièrement réimprimé les pages publiées avant son décès, faisant acquérir à ce super-héros français — qui n’est pas un héros parodique même s’il singe de manière moqueuse quelques codes — une forte aura sur plusieurs générations de lecteurs. Ce statut s’est par ailleurs accentué par le mystère entourant ce créateur prolixe, disparu si tôt, dont l’absence de réédition en album contraignait les fans à conserver une image de leur enfance où à quêter les Pif Gadget sur des brocantes. Ce dynamisme se ressent d’ailleurs par l’existence d’un marché pirate identifié, désormais rendu inutile par la sortie d’une première intégrale officielle l’an dernier.
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